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NSB050_c

Par Maya Nassar

Femme Natale

«Cela fait déjà deux ans. Trois ans. Une éternité. La décision est prise : j’irai frapper à sa porte.

Quarante pas me séparent de lui.

Quarante pas entre moi et le bonheur ou le malheur absolus. Entre lui et moi. Je les ai comptés mentalement mille fois, depuis le conteneur des ordures vert jusqu’à sa porte. Je les ai comptés à la démarche d’une adolescente, à celle d’une geisha, à celle d’un lieutenant, sous la pluie, empêchée par le vent, dépêchée par le soleil, éclairée par la lune, pendant les trêves et les jours de grèves, écrasant les feuilles mortes, évitant les crottes de chien, synchronisant le mouvement de mes pieds et les bruits de mes pas avec les semelles muettes du cœur qui lui, devient poissonnier s’acharnant à vendre du hareng aux passants de l’autre rive. Dans mon pays, les trottoirs, c’est pour les chiens.

Je sors. Je ferme ma porte. Je marche. Je suis dans sa rue. J’y suis venue à pieds pour sentir le sol. Pour que la terre me sente. Entre son immeuble et moi, quelques bâtiments, quelques arbres, des voitures, et une guerre. La guerre froide de mille ans menée par la raison contre le sentiment. Cent raisons pour ne pas aller frapper à sa porte et une seule raison pour faire les quarante pas et franchir le seuil du prohibé. Une étreinte. Une gifle. Quelque chose.

Je vais frapper à sa porte.

Entre guerre et amour, je ne sais plus lequel est le plus fort Est-ce la guerre que je mène contre moi-même ou l’amour que je porte pour lui. Ma ville saigne, La pluie lavera toute trace de sang, la terre se nourrira de moi, et les montagnes resteront vertes, la tête haute sous le soleil.

Il pleut. Est-ce le tonnerre ou bombarde-t-on ma ville ? Le ciel l’ignore. Je l’ignore. La pluie est douce, le tonnerre se fait grandiose, les bombardements me trempent le corps, jusqu’à l’âme. J’ai peur. J’ai survécu à présent à toutes les guerres. Physiquement survécu. C’est peut-être un feu d’artifice, qui sait ? Je prie pour un cessez-le feu, pour un cessez-le tonnerre…

La route n’est jamais assez large pour le vol d’un papillon…»

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RÉSUMÉ DU LIVRE

«La longue robe noire, sa préférée, se recroquevillait dans la valise réminiscente jetée au fond du grenier. Je l’ai réveillée doucement. Puis je l’ai secouée pour en estomper ses rides d’insomnie. Elle m’a souri. Elle porte toujours une petite trace blanche de lui… Je sais que cette robe neurasthénique dansait encore clandestinement pour lui à l’intérieur d’un songe mité, toujours prête à être massicotée par ses désirs. Je me déshabille, je me rhabille, il est sur ma peau, il me brûle pour se réchauffer à mon feu puis éteinte, il devient ma cendre, alors je le ramasse et me recolle, dans un souvenir indécis.»

Informations Complémentaires

Poids 0.545 kg
Dimensions 18.5 x 13.5 x 2.7 cm
Date De Parution

Octobre 2015

ISBN

9789953033952

Nombre De Page

416

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à propos de l'auteur

Author

Née à Beyrouth en 1975, Maya a fait des études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques. Mère de trois fils, elle dirige Plume, son agence de copywriting trilingue. Après son roman Femme Natale publié en 2015, Récif du hasard, faux jumeau d’un recueil de poésie en langue arabe intitulé, « Zahr el rassif » est sa deuxième publication.

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